Le député PS a annoncé, hier, sa candidature aux municipales face au maire PCF sortant de Saint-Denis. Les communistes continueront d’œuvrer au rassemblement.

Alors que les ténors de son parti n’ont de cesse d’appeler au rassemblement, Mathieu Hanotin, député PS de Seine-Saint-Denis, a annoncé, hier au Parisien, sa candidature pour les municipales de 2014 à Saint-Denis. Il ferait ainsi face en mars prochain à Didier Paillard, maire de la plus importante municipalité à direction communiste de France (106 000 habitants). « Indépendamment de ses déclarations, Mathieu Hanotin ne peut pour l’instant qu’être candidat à l’investiture pour être le premier des socialistes », car, puisque « c’est une ville de plus de 20 000 habitants, la décision finale (sur une possible union – NDLR) appartient à la direction nationale du PS », a tempéré Christophe Borgel, en charge des élections de ce parti.

                          Et pour cause. Ce week-end, c’est un tout autre discours qui résonnait à La Rochelle. ­Appelant à « ne pas fracturer la gauche », Harlem Désir a ­affirmé que « la gauche n’a pas besoin d’excès individuels, elle a besoin d’efforts collectifs ». Le premier ministre a renchéri sur l’« impératif d’unité ». ­Principal argument : la lutte contre la droite et le FN.

Mathieu Hanotin en fait peu de cas : « Il n’y a ici pas de danger à droite », avance le député. Une affirmation un peu rapide pour les communistes locaux : « Pour faire face à la progression de la droite et de l’extrême droite qui se vérifie sur le terrain, pour gagner le changement auquel nous aspirons tous, la gauche a besoin de faire front », rétorquent-ils dans un communiqué. « Ce que j’ai entendu (du discours du maire – NDLR), c’est qu’on prend les mêmes et on recommence. Dès lors, toute union est impossible et ma candidature s’impose », se justifie encore Mathieu Hanotin. Le PCF et le Front de gauche ont pourtant formulé depuis mai une offre de débat et de rassemblement pour dépasser les divisions de 2008, mais elle est restée sans réponse. « Il ferme bien vite la porte aux constructions nécessaires pour répondre aux besoins de la population », déplore Didier Paillard. « À La Rochelle, Harlem Désir affirme qu’il ne doit pas y avoir de division ; à Saint-­Denis, Mathieu Hanotin refuse le rassemblement », ajoute ­Olivier Dartigolles, le porte-parole du PCF. « Il est évident que si le rassemblement de la gauche consiste à demander à nos partenaires de nous soutenir où nous sommes sortants et d’essayer de les battre là où ils le sont, l’ambiance va assez vite se dégrader », concède Christophe Borgel. Quant aux communistes, selon leur porte-parole, « ils continueront à travailler au rassemblement sur des projets de gauche ».